25 novembre 2010 | Pas de commentaires
Décidément, les mœurs changent. Alors que plus que jamais la méritocratie est mise en avant dans les discours politiques et sociaux, certains se laissent tenter par de nouvelles méthodes de recrutement pour le moins « inhabituelles ».
Le dernier en date concerne les futurs stagiaires de l’agence H, une filiale du groupe Havas : 80 étudiants vont devoir s’affronter lors d’un tournoi de poker. Les 8 vainqueurs décrocheront auront « la chance » de décrocher leur stage et de pouvoir travailler au sein de l’agence de com’.
Après l’astrologie ou la graphologie, voilà donc venu le temps du poker. L’agence H (non pas comme la série télé, mais bien comme Havas, le grand Groupe) n’hésite pas à enfoncer le clou en imposant comme condition d’inscription l’appartenance à une grande école de commerce ou Université, un peu comme pour une annonce classique de stage.
Concrètement, le recrutement vise donc l’élite des stagiaires. L’évènement est organisé par un des clients de l’agence, la salle de poker en ligne pokerstars.
Pourquoi recruter grâce au poker ?
Les partisans de ce mode de recrutement avancent les qualités développées par tout bon joueur de poker : la capacité d’anticipation, la logique, la concentration, la maîtrise de soi, la persévérance, la discipline et la volonté de progresser, ainsi que la faculté à jongler avec les chiffres. En réalité, le poker est un excellent moyen pour apprendre sur soi-même et pour améliorer ses performances.
Pour les recruteurs, les avantages sont alors significatifs : ils peuvent analyser le comportement d’un candidat confronté à un groupe, dans un cadre plus informel que celui d’un entretien classique. N’en déplaise à certains, la démarche est d’ailleurs totalement légale car il n’existe pratiquement de règles juridiques encadrant le recrutement des stagiaires.
L’annonce en question spécifie d’ailleurs assez clairement que le but est de tester en situation réelle, sous pression, le comportement des candidats dans les bluffs, l’agressivité dans le jeu, assimilée à la prise d’initiative, l’intimidation et tout le panel de compétences qu’il faut pour bien jouer au poker.
Une méthode discutable
Mais là où la méthode devient discutable, c’est justement que ce tournoi soit organisé dans le cadre précis d’un recrutement : les pokéristes ne s’affrontent plus au hold em pour le plaisir de jouer mais pour décrocher un stage dans une grande société. La différence est de taille… Il ne s’agit plus de s’imposer comme le meilleur candidat, mais aussi de lutter pour éliminer les autres. Les étudiants des grandes écoles n’apprécieront pas forcément d’avoir à jouer les gladiateurs alors qu’ils ont déjà acquis les qualifications nécessaires pour le poste.
Un autre élément a aussi soulevé les foudres de certains auteurs d’articles sur la blogosphère : l’aspect dénigrant pour les stagiaires de la campagne de pub censée promouvoir le tournoi. Par exemple, sur une de ces annonces, une jeune femme au décolleté plongeant offre ses fesses au recruteur en lui proposant de « miser sur une autre paire ». Histoire de dire que les candidats qui auront décroché les stages ne pourront se voir reprocher de les avoir eus grâce à leur physique (histoire de tordre le coup aux légendes urbaines).
Certains apprécieront le trait d’humour, d’autres moins.
Article en collaboration avec PokerListings